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Cet article a été archivé dans la mesure où l'évolution de la
jurisprudence
ne semble pas confirmer la position qui avait été prise dans ces arrêts.
La
Cour de Cassation, dans deux arrêts de principe rendu le 9 mai 2000
(n°2092 P et 2093 PB) cherche à limiter le recours aux licenciements
pour faute grave.
Rappelons que le
licenciement pour faute grave intervient lorsque le salarié a commis
une faute d'une gravité telle qu'elle rend impossible la poursuite du
contrat même pour la durée du préavis. Le salarié perd donc son droit
à préavis ainsi que son indemnité légale de licenciement ainsi que le
cas échéant, dans la quasi-totalité des cas, son indemnité
conventionnelle de licenciement.
1. Jusqu'à
présent, il était fréquent que certains employeurs, lorsqu'ils
licenciaient un salarié, invoquent une faute grave plutôt qu'une cause
réelle et sérieuse... non parce qu'une telle faute a été commise mais
parce qu'ils pensaient :
qu'en cas de
litige, les juges se contenteraient de dire que le licenciement
n'est pas fondé sur une faute grave mais sur une cause réelle et
sérieuse, alors que si l'employeur avait fait effectué le préavis au
salarié, il risquerait plus de voir le licenciement déclaré abusif
ou sans cause réelle et sérieuse.
qu'ils pourraient
négocier des transactions plus avantageuses avec le salarié,
l'employeur ayant plus d'éléments à négocier.
Or désormais, si
l'employeur licencie pour faute grave, la Cour de Cassation estime que
le juge qui ne retient pas l'existence d'une faute ne peut plus
estimer que le grief de l'employeur constitue une cause réelle et
sérieuse de licenciement.
Un employeur licencie un salarié pour
insuffisance professionnelle
Ainsi dans le cas soumis à la Cour, le salarié
avait été licencié pour une insuffisance professionnelle qualifiée par
l'employeur de gravement fautive. Les juges avaient considéré
qu'aucune faute n'avait été commise par le salarié, mais que
l'insuffisance professionnelle était en revanche établie et justifiait
un licenciement pour cause réelle et sérieuse.
Ils sont censurés par la Cour de Cassation : la
faute alléguée par l'employeur n'existe pas, ce qui rend le
licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse, puisqu'il était
fondé sur une faute et non sur une insuffisance.
En conséquence,
avant tout licenciement, l'employeur doit désormais bien s'interroger
sur le motif de celui-ci :
licenciement
pour motif économique
licenciement
disciplinaire
licenciement
pour une autre cause.
Et prendre
conscience que choisir de qualifier de fautif l'agissement du salarié
peut conduire à rendre plus difficile la preuve de l'existence d'une
simple cause réelle et sérieuse.
2. Il
arrivait par ailleurs qu'après un licenciement pour cause réelle et
sérieuse, l'employeur s'aperçoive que le salarié avait commis un faute
grave, ou que ce dernier la commette en réponse à son licenciement.
L'employeur pouvait alors rompre une seconde fois le contrat pour
faute grave, sans payer le solde du préavis restant à courir.
La Cour de
Cassation, dans l'arrêt rendu le , vient limiter le recours à cette
pratique lorsque le salarié a été dispensé d'effectuer son préavis.
L'employeur perd alors son pouvoir disciplinaire et doit verser au
salarié l'indemnité compensatrice de préavis, même s'il découvre
l'existence d'une faute grave : "Si
la découverte ou la commission au cours du préavis d'une faute grave
peut entraîner l'interruption de l'exécution de ce préavis, il en est
autrement si le salarié a été dispensé de l'exécuter ; dans ce cas,
l'indemnisation du préavis lui est acquise."
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